L´animal et l´homme ne suivent pas seulement les lois spatio-temporelles, ils ont une vie intérieure psychique. Lorsqu´il y a manifestation de conscience, pulsion de vie psychique, s´accomplit au plan de la vie un changement radical : le passage du métabolisme végétal au métabolisme animal, basé sur la déconstruction. La plante, qui ne possède qu´un corps physique et un corps de vie, est dotée d´un métabolisme d´édification et d´assimilation. En revanche, l´animal et l´être humain doivent à la respiration, qui permet la « combustion » (catabolisme oxydatif), leur mobilité psychique et leur capacité de locomotion, leur autonomie rythmique et la faculté de pouvoir émettre des sons.
La conscience humaine permet à la fois l´élaboration d´informations perçues par le biais des sens, et la conceptualisation grâce à la pensée, qui peut s´étendre à l´ensemble du cosmos et de son évolution. Il n´est rien dans l´univers qui ne puisse être objet de l´activité consciente de l´être humain. C´est pourquoi Rudolf Steiner avait entre autres donné le nom de « corps astral » (aster = astre) à cet élément constitutif pour indiquer qu´en ce corps habitent les lois de l´ensemble du monde cosmique dans lequel s´insère la Terre, qui est un corps céleste.
Le corps de sensibilité ou corps astral doit donc concilier en lui des extrêmes opposés, à savoir la « conscience terrestre », liée aux sens et au corps physique, et la « conscience cosmique », rendue possible par la pensée, l´activité pensante. Ce corps astral ou de sensibilité permet la prise de conscience des forces d´impulsion inhérentes aux processus vitaux sous forme de désirs, souhaits, penchants, ainsi que des lois de la raison et de la morale. La sympathie et l´antipathie, pôles opposés de la dynamique intérieure de la vie affective, sont dans ce contexte les forces déterminantes d´orientation. La joie et la douleur, le plaisir et le déplaisir sont les forces formatrices de la vie psychique.